La colère des hospitaliers ne faiblit pas
lundi 1er juin 2015
Ils étaient une nouvelle fois près de 8 000 hospitaliers, jeudi dernier, sous les fenêtres du ministère de la Santé. Ils sont venus montrer leur détermination à faire reculer le gouvernement et Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui souhaitent revenir sur les 35 heures. Les travailleurs en lutte multiplient les actions et cherchent à amplifier leur mouvement contre la pire des maladies qui touche l’hôpital : « l’Hôstérité » comme dit si bien le collectif de la « Convergence des hôpitaux en lutte ».
Face à un mouvement qui ne faiblit pas, Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP, prétendait lors de la matinale de France Inter, vendredi dernier, vouloir réformer les 35 heures et supprimer des RTT « pour sauver des emplois ». Un chantage doublé d’un mensonge qui lui ont valu les huées des salariés de l’hôpital Georges Pompidou pendant l’émission. Depuis sa nomination à ce poste en 2013, il organise les suppressions de postes pour faire toujours plus d’économies. Alors qu’il répète que les 35 heures ont mis en difficulté l’hôpital, c’est en réalité la baisse des effectifs qui pose problème : 35 000 emplois en moins dans tout le pays alors qu’il aurait fallu en créer 100 000 en urgence pour assurer correctement le service et compenser les départs en retraite.
Rembourser les banques expertes en évasion fiscale, plutôt que sauver des vies
Lors de la même émission, un syndicaliste précisait : « En 2014, l’AP-HP a déboursé 193 millions d’euros pour le remboursement de la dette ». Principales créancières du ministère de la Santé, HSBC, BNP Paribas ou la Société Générale, autant de compagnies qui ont alimenté la chronique des scandales financiers et ont coûté des milliards d’euros à l’État, tout en étant expertes en évasion fiscale au profit de leurs actionnaires.
Est-ce aux patients et aux travailleurs des hôpitaux de payer le prix de ce racket ?
La coupe est pleine
Les hospitaliers sont déterminés à ne plus voir leurs conditions de travail, leurs emplois et la santé des patients sacrifiés sur l’autel de la rentabilité.
Ils étaient 8 000 dans les rues de Paris jeudi dernier, auxquels il faut rajouter environ autant de leurs collègues « assignés » pour « assurer la continuité des soins ». Vendredi dernier, à l’hôpital Georges Pompidou, ils étaient nombreux à scander « Hirsch démission » ! Le lendemain, alors que la direction organisait son show « portes ouvertes » avec une course des « 10 km de l’AP-HP » le départ de celle-ci était perturbée aux cris de : « Hirsch, ton plan à la poubelle ».
Un responsable de l’AP-HP n’a rien trouvé de mieux que de déclarer : « le directeur général est tout à fait capable de passer en force et on le soutiendra ». De quoi faire redoubler la colère des hospitaliers. Réunis en assemblées générales plusieurs fois par semaine, ils entendent bien amplifier leur mouvement dans les jours et les semaines à venir. Généraliser la lutte à tous les secteurs de la santé et au-delà, est une nécessité pour faire plier la direction et le gouvernement.
Pour une lutte générale pour les embauches, les conditions de travail et les salaires
Les conditions de travail dégradées et l’idée de faire toujours plus avec moins touchent, en effet, tous les secteurs, comme l’ont montré entre autres, tout récemment, les grèves à Radio France ou dans l’Éducation nationale. Les mêmes attaques patronales s’appliquent à tous, dans le public comme dans le privé.
Les hospitaliers appellent l’ensemble de la fonction publique hospitalière à les rejoindre dans le mouvement. Le 2 juin, des mobilisations locales seront organisées dans les établissements parisiens.
Après avoir battu le pavé les 21 et 28 mai, ils seront à nouveau dans la rue le 11 juin. Ce même jour, les enseignants se mobiliseront contre la réforme du collège. Un premier pas pour se préparer à une lutte généralisée ?