Contre leur Europe des barbelés et des victimes par milliers, Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !
lundi 20 avril 2015
Dans la nuit de samedi à dimanche, un chalutier qui transportait plus de 700 personnes a chaviré au large des côtes libyennes. Seuls 28 rescapés ont pu être recueillis par un navire marchand, envoyé sur place suite à l’appel à l’aide reçu par les garde-côtes italiens. Ce drame aura donc fait au moins 700 victimes, qui s’ajoutent aux plus de 450 morts et disparus des deux précédents naufrages en Méditerranée la semaine dernière.
Gouvernements européens responsables
Ceux que les médias appellent des « migrants » sont des hommes, mais aussi de plus en plus de femmes et d’enfants, de familles qui fuient la misère et la guerre dans de nombreux pays. Ils tentent au péril de leur vie d’atteindre l’Europe. Les risques encourus lors de ces voyages permettent de mesurer le niveau d’horreur de ce qu’ils fuient : guerre civile en Syrie, dictature en Érythrée, chaos total en Libye ou Somalie, et maintenant au Yémen où l’on compte des centaines de milliers de déplacés. Toutes ces guerres étant au bout du compte engendrées par l’exploitation et la misère que le système capitaliste fait régner sur la planète, tout particulièrement au Moyen Orient et en Afrique.
Les dirigeants européens pointent du doigt les « passeurs » sans scrupules qui embarquent ces désespérés sur des embarcations de fortune en échange de milliers d’euros. C’est pourtant la politique de l’Union Européenne qui rend possible leur rapacité et leur toute puissance vis-à-vis des migrants. Le droit d’asile, qui fait prétendument partie des « valeurs » de l’Europe, n’existe pas. L’Union Européenne ne cesse de renforcer la surveillance de ses frontières extérieures, il est de plus en plus difficile d’y entrer légalement. Face à ce verrouillage, les personnes qui veulent l’atteindre prennent donc de plus en plus de risques. Même l’obligation du secours en mer est remise en cause. L’alarmante hausse des noyés coïncide avec la fin, en octobre dernier, du dispositif Mare Nostrum. Mis en place par la marine italienne, il avait permis le sauvetage de 150 000 personnes en un an. Mais l’Union Européenne a refusé de participer aux frais et lui a substitué le dispositif Triton, encadré par l’agence Frontex (dispositif policier européen de surveillance des frontières, dont le but n’est pas de sauver des vies humaines mais au contraire de les mettre en péril par des blocages).
Diviser pour mieux régner... et exploiter
Depuis de nombreuses années, les partis au pouvoir en Europe mènent des politiques xénophobes, laissant croire que l’arrivée d’immigrés serait la cause de l’aggravation de la crise économique. Rien n’est plus faux. Du travail et des choses utiles à produire, il y en aurait pour bien plus de monde encore, si l’on produisait pour les besoins de tous et non pour les profits de quelques-uns. Mais du Front national au PS, en passant par l’UMP, tous nous mentent en nous montrant du doigt les immigrés, en ciblant ceux-là ou ceux-ci parmi les derniers arrivés, et ce faisant en encourageant le racisme.
L’Europe serait assiégée ? Mais regardons la France par exemple qui, dans sa grande « générosité », n’a accueilli que 1 000 réfugiés syriens depuis le début du conflit, tandis que les pays frontaliers de la Syrie en ont accueillis plus de trois millions.
Ils veulent surtout monter les travailleurs les uns contre les autres, pour masquer la réalité : c’est le capitalisme qui est responsable de la montée du chômage et de la pauvreté. Actionnaires des grands trusts, millionnaires et milliardaires continuent de s’enrichir, où qu’ils soient dans le monde. Pour eux et pour leur argent, pas de frontières, c’est la libre circulation... et la libre exploitation de l’écrasante majorité d’entre nous. C’est leur âpreté aux gains, leur course aux matières premières à commencer par le pétrole, qui causent les guerres, auxquelles s’ajoute la ténacité des Hollande et autres à aider leurs dictateurs amis à anéantir sous les bombes les espoirs des révolutions arabes de ces dernières années.