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Virus Ebola : « La coalition de l’inaction »

lundi 20 octobre 2014

Face à l’inquiétude qui monte en Europe devant une possible contagion par le virus Ebola, la Ministre de la santé s’est fait photographier à Roissy, où elle a fait mettre en place des contrôles sanitaires pour les passagers en provenance de Guinée. Soit. Mais la mise en scène est d’autant plus outrée qu’elle fait oublier l’inaction généralisée des pays les plus riches, leur « coalition de l’inaction » comme l’a dénoncé au début septembre déjà un membre de Médecins sans frontières.

Pas de profits, pas de survie !

Le virus Ebola est connu depuis les années 1970, mais ce sont toujours les mêmes calculs meurtriers : comme il ne touche que des pays pauvres, les trusts pharmaceutiques et leurs laboratoires n’ont pas fait les recherches nécessaires. « Une maladie de pauvres, dans des pays pauvres », voilà qui ne peut pas intéresser les industriels avides de profits. Il n’y a aucune autre justification au retard pris dans la mise au point d’un vaccin. Voilà donc dix mois que le virus réapparu en Afrique de l’Ouest (principalement en Guinée, Sierra Leone et Liberia) se répand, la seule réaction des grandes puissances étant de décréter le confinement des populations touchées. Autrement dit, de miser cyniquement sur le fait que cette épidémie de pays pauvres n’allait concerner que des pauvres, qu’on allait laisser mourir entre eux. Et cette mise en quarantaine, sans que de véritables mesures pour guérir ne soient prises, a eu pour seul résultat une propagation foudroyante. Le bilan serait pour le moment de plus de 4 000 morts, dus au délaissement des malades, dans un contexte de misère et de conditions de vie difficiles. A noter que les seules et réelles mesures sanitaires pour stopper la propagation de l’épidémie ont été prises au Nigeria, mais... dans une petite zone bien circonscrite d’exploitation pétrolière !

Il y a encore quelques jours, le Fonds des Nations Unies pour lutter contre Ebola, lancé à la mi-septembre, ne disposait que de 100 000 dollars, contre 100 millions attendus ! Pour la petite histoire, cette somme a d’ailleurs été versée par la Colombie, seul pays à avoir jusque-là honoré ses promesses de don. Tout un symbole de l’indifférence des autres. Et c’est la petite île de Cuba qui est montrée en exemple pour avoir envoyé en Afrique de l’Ouest le plus important contingent de personnel soignant, en dépit de ses difficultés économiques et de ses maigres moyens.

Un monde malade du capitalisme

Cela saute aux yeux : la loi du profit maximum et l’égoïsme national sont les facteurs de propagation de l’épidémie. Raisonner pays par pays est absurde. Les fermetures de frontières ne changeront rien de fondamental face à un risque de pandémie. Ce qu’il faudrait d’urgence, ce sont des moyens sérieux de lutte dans les foyers majeurs de l’épidémie, entre autres contre la pauvreté.

Les États-Unis promettent d’envoyer 5 millions de dollars d’aide au Libéria qui feraient partie d’une aide totale, à venir, de 100 millions de dollars… Si elle vient ! Mais elle est à comparer au coût total de la guerre en Irak, estimé à 6 000 milliards de dollars. Quant à la France, elle s’est pour le moment retranchée derrière les organisations humanitaires. Les grandes causes et les grands chantiers de notre planète ne sont pas une priorité pour les dirigeants des pays impérialistes. Pas plus que la satisfaction des besoins de tous, l’accès de tous à des conditions de vie dignes.

Circulez y’a rien à voir, car rien à gagner ! Santé et économie capitaliste ne font bon ménage que tant qu’il y a des profits à espérer.

Tout un monde à changer !