Envoyons Vallser gouvernement et patrons du CAC 40 !
lundi 21 avril 2014
Manuel Valls a annoncé mercredi dernier les grandes lignes de son plan d’économies. Sans surprises. Pour financer 50 milliards de cadeaux aux patrons d’ici 2017 (sous forme notamment d’exonération de cotisations sociales), le gouvernement a l’intention de prendre ces milliards sur les budgets publics.
Ponction sur les salaires des fonctionnaires , puisque le « point d’indice » qui sert au calcul des traitements, déjà gelé depuis 2010, le sera encore jusqu’en 2017. Un véritable blocage des salaires pour des millions de salariés de l’Etat. Sans compter qu’un tel gel des salaires encouragera les patrons privés à en faire autant.
Ponctions aussi sur les prestations sociales (dont l’Aide personnalisée au logement – APL) : blocage jusqu’en 2015. Seuls les minimas sociaux ne seraient pas concernés.
Ponctions aussi sur les retraites puisqu’il n’y aura pas de revalorisation en 2014. Seuls échapperaient au blocage les retraités au « minimum vieillesse ».
Sans oublier toute une série de mesures d’économies dans l’assurance maladie, les départements et régions, les caisses de retraite, avec une dégradation des services publics.
Le gouvernement « de combat » Valls s’engage donc dans un vaste plan d’attaques contre la population, comme ceux qu’ont connus plusieurs pays d’Europe ces dernières années. Aux conseillers de l’Elysée (ainsi que des trusts pharmaceutiques) de collectionner les chaussures de luxe et se faire cirer les pompes, aux actionnaires du CAC 40 de se remplir les poches ; mais aux travailleurs la sueur et les larmes pour que les multinationales françaises, contrairement aux mensonges officiels, ne créent surtout pas d’emplois mais partent joyeusement à l’assaut du marché mondial.
Ce que Hollande sait parfaitement. Et s’il a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux présidentielles en 2017 si le chômage continuait d’augmenter, c’est façon de ne plus rien promettre du tout devant les travailleurs de Michelin de Clermont-Ferrand venus l’interpeller au sujet de sa politique au service du capital.
Mais ils nous craignent…
Avec un gouvernement aussi attentif aux vœux du Medef, guère étonnant que Pierre Gattaz relance l’idée d’un « Smic jeunes », vieille revendication patronale. Autrement, dit, la suppression de fait du Smic. Cocasse que Laurence Parisot, qui l’a précédé à la tête du Medef se soit franchement démarquée de cette idée en parlant d’« esclavagisme ».
C’est que ce « Smic jeunes » doit rappeler de mauvais souvenirs à quelques hommes politiques et dirigeants patronaux. En 1994, Balladur voulait mettre en place le CIP (« Contrat d’insertion professionnelle »), première mouture de « Smic jeunes ». Cela avait déclenché une mobilisation de la jeunesse lycéenne et étudiante et le premier ministre dut remballer son projet. Même vaste mobilisation de la jeunesse populaire en 2006 contre le CPE (Contrat de première embauche) qui institutionnalisait la précarité. Chirac avait dû faire annuler la loi… Périlleux de retenter le même type d’attaque !
Ce gouvernement est bien le gouvernement des patrons, mais l’un comme les autres ont toutefois de quoi rester sur leurs gardes. Une nouvelle grenade offensive pourrait bien leur sauter à la figure.
Oui, les travailleurs peuvent et doivent riposter, en mettant en avant leurs revendications : interdiction des licenciements et des suppressions de postes, partage du travail entre tous sans perte de salaire, augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux.
Oui, fédérons nos ripostes sans attendre que les dirigeants des confédérations syndicales le fassent, eux qui préfèrent s’enliser dans les mensonges du « dialogue social ». Coordonnons nos luttes en sachant à quel point ceux qui nous exploitent et nous gouvernent craignent nos mobilisations d’ensemble.