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Interview de Yann, en formation

samedi 16 novembre 2013

J’ai déjà fait deux stages, le dernier en foyer avec des mineurs isolés étrangers, arrivés seuls et sans attache sur le territoire français.

Le boulot consiste avant tout à accueillir ces jeunes : le foyer est la première structure à les recevoir sur le territoire français. On est chargé d’évaluer leur âge, leur histoire. On cherche sur le terrain à en accueillir le plus possible, mais souvent ça passe par le tribunal qui peut leur faire passer un test osseux pour déterminer s’ils sont vraiment mineurs. Pour ceux qui passent la rampe, c’est l’hôtel, le foyer ou, pour les plus chanceux, une famille d’accueil.

En foyer, on doit les réveiller le matin, les sortir, leur faire découvrir des musées, etc. Quand ils atteignent la majorité, c’est le plus dur. Pour les jeunes issus de la prostitution, on tente de leur trouver une place en tant que majeur ancien prostitué. Pour les autres, c’est souvent la rue. On peut éventuellement faire appel. Mais pour ça, il faut qu’ils aient des papiers solides.

Nous sommes un filet de sécurité de la dernière chance pour des jeunes dans la pire des situations. En général, les foyers fonctionnent en tant qu’associations, avec une quinzaine de salariés et trois ou quatre stagiaires. Autant dire que, sans stagiaires, ils ne pourront pas accueillir autant de mineurs, et pas dans les mêmes conditions.

Le gouvernement a fait passer cette loi de rémunération des stages sans regarder si toutes les structures ont les moyens, et surtout sans prendre aucune mesure pour les contraindre à payer. S’adresser à l’État, c’est aussi garder un caractère centralisé à notre revendication et ne pas s’éparpiller en restant chacun contre sa structure d’accueil.

Aujourd’hui, 50 % des étudiants se retrouvent sans stage. Mais des manifestations ont eu lieu partout, notamment à Nantes, Rennes et Paris. Et on continue !

Mots-clés Entreprises , Interview , Secteur social
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