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Les accords de « Flexibilité » et de « Compétitivité » : Sarkozy en a rêvé, Hollande le fait

mardi 9 octobre 2012

En deux jours, PSA devient l’emblème et le laboratoire des deux volets des attaques anti-ouvrières du moment. Licenciements massifs d’un côté, chantage à l’emploi des accords de flexibilité et compétitivité de l’autre.

Les confédérations syndicales se bousculent à la table des négociations. François Chérèque, toujours zélé, invite syndicats et patronat à signer « au plus vite » un vaste accord, afin de « sécuriser ce type de négociations donnant-donnant ».

Le « modèle » Sevelnord

C’est le patronat qui cette année a tiré le premier, le 26 juillet 2012 à Sevelnord (Valenciennes), en faisant signer par tous les syndicats du site, sauf la CGT, un « accord sur l’adaptation des conditions de travail, la pérennisation des emplois et le développement », dans une entreprise qui est déjà passée en dix ans de 4 500 à 2 700 salariés.

Depuis la cessation du partenariat avec Fiat, Sevelnord est filiale à 100 % de PSA. L’accord, basé sur un énième chantage à l’emploi, serait (malheureusement) assez classique si les attaques sur les droits, rémunérations, carrières et conditions de travail n’étaient encore plus lourdes et surtout présentées comme un véritable « prototype », notamment par le syndicat patronal UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie), qui en a construit l’architecture depuis plusieurs années. Son président, Frédéric Saint-Geours, n’est autre que celui… de PSA Finance. Un tout petit monde ! Son CV est celui d’un partenaire privilégié de la gauche : en 1981 au cabinet du ministre des Transports et, de 1984 à 1986, directeur de cabinet du secrétaire d’État au Budget Henri Emmanuelli. Sous Hollande, le voilà satisfait d’une avancée historique pour le patronat qu’il voudrait extensible bien au-delà de la métallurgie.

Salariés « donnant-donnant », patrons « gagnant-gagnant »

Au menu de l’accord Sevelnord :

Objectif affiché de la direction : gagner 1 000 euros par véhicule produit. Objectif moins affiché : supprimer près de 500 postes supplémentaires (selon la presse), 1 000 selon les calculs de la CGT. Et, pour ce faire, il y a l’accord de Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences de 2010, et son fameux « observatoire des métiers » qui définira quel secteur ou service doit être vidé au gré de la direction à coup de mobilités internes, externes, départs, tout ça au « forçariat ».

Marché de dupes aux frais du contribuable

Comme dans tous les accords de ce type, les engagements de la direction n’engagent que ceux qui y croient. PSA annonce ne pas recourir à un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) durant les trois prochaines années, à condition bien sûr que Sevelnord soit choisie par la maison mère pour produire le nouveau véhicule « K-zéro ».

Quoi qu’il en soit, la signature d’un tel torchon a été célébrée par les politiciens locaux, qui se sont réjouis de ce qui a été présenté comme un sauvetage de Sevelnord. Borloo et consorts ont salué l’« exemplarité » de l’accord notamment dans « le dialogue entre les représentants du personnel et la direction de PSA qui a permis en juillet de signer un accord capital aboutissant à une réduction des coûts de production », tout en annonçant que les collectivités publiques soutiendraient PSA et son nouvel associé Toyota, via des aides publiques au frais du contribuable. Un franc succès en tout cas : Carlos Tavares, directeur général délégué de Renault, a indiqué le 27 septembre, en marge du Mondial de l’automobile, qu’il aimerait conclure dans les prochains mois un accord de compétitivité dans l’ensemble de ses usines françaises.

Léo BASERLI, 29 septembre 2012


Chantage à l’emploi et accords piégés : les précédents

Ce type d’accords de Flexibilité / Compétitivité, dont Sevelnord est un des pires exemples, a-t-il jamais sauvegardé le moindre emploi ? Il n’y a qu’à regarder ceux qui ont précédé.

Voilà le genre de grande « négociation nationale » à laquelle le gouvernement socialiste appelle les confédérations syndicales, qui s’y prêtent avec complaisance. Mais c’est cela que les travailleurs de toutes les entreprises qui licencient auront raison de refuser, en coordonnant leurs ripostes.

L. B.

Mots-clés François Hollande , Politique
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